L'anticartogramme et ses interprétations

L'emplacement, l'emplacement, l'emplacement

Etals tenus par des migrants.

Quand le capital spatial devient crucial ou comment comprendre certains choix, qui paraissent économiquement et socialement irrationnels.
L'histoire d'une aide au logement qui a failli tourner à l'aigre. 

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Tout commence dans une association du 18e arrondissement à Paris, dont les bénévoles se mobilisent pour tenter de procurer des logements décents aux personnes vivant dans des conditions de très grande précarité (foyers, chambres d'hôtel, etc.). Leur action passe par deux voies parallèles : aider les personnes concernées à monter des dossiers de demande de logement social et suivre les dossiers pour essayer d'en accélérer la procédure ; faire du lobbying auprès des propriétaires privés pour essayer de les convaincre de louer des appartements à l'association, qui y loge des personnes en difficulté, en garantissant la réalisation des travaux de rénovation et d'entretien gratuitement et le paiement du loyer rubis sur ongle. Comme on peut l'imaginer, les offres sont rares et les temps d'attente très longs, d'autant plus que les personnes concernées ont souvent des situations de grande précarité générale, parfois sans papiers, souvent sans emploi.

Un jour, l'association est parvenue à récupérer un F2 en grande banlieue sud, à Choisy le Roi. Il ne s'agit pas d'un logement dans une grande barre, mais d'une maison de ville divisée en plusieurs appartements, pas très loin du RER, dans une zone plutôt résidentielle.

Les candidats potentiels sont nombreux et les places sont chères... Le comité de l'association se réunit et examine les dossiers soigneusement, afin de sélectionner le l'heureux élu. Finalement, une mère de famille célibataire, avec deux enfants dont un adolescent, est choisie pour quitter la chambre d'hôtel miteuse et affreusement chère qu'elle occupe et prendre ce nouveau départ. Enfin, ça c'était le plan.

À leur très grande surprise, la femme est venue visiter l'appartement et a finalement décliné l'offre. Par la suite, d'autres familles ont été approchées sans plus de succès, et ce n'est qu'au bout de plusieurs semaines que le logement a finalement pu être attribué. Les membres de l'association ont été assez ébranlés par les différents refus essuyés, alors que le lieu proposé leur semblait propre, bien entretenu, grand et dans un quartier avenant. Etait-ce à dire que les gens qu'ils s'échinent à aider n'en n'ont pas tellement besoin ? Comment pouvaient-ils refuser une main tendue alors qu'ils étaient dans une telle situation de détresse ? Leur système de valeurs était-il à ce point en ruine qu'ils n'étaient plus capables de reconnaître une opportunité et de la saisir ?

Alors ils ont posé des questions, mené l'enquête, cherché à comprendre. Et ils ont découvert un fait auquel ils n'avaient jamais pensé : à côté du problème économique (payer le loyer) et du problème social (vivre dans des conditions décentes), il y a un problème spatial, qui finit par primer sur tout le reste. Ou plutôt un problème de capital spatial, qui prend d'autant plus d'importance que les capitaux économiques et sociaux de ces personnes sont extrêmement bas.

L'appartement de Choisy le Roi a été refusé par plusieurs familles, souvent des femmes seules avec enfants, pour une raison majeure : il est loin de Paris, dans une zone résidentielle, c'est-à-dire dans un double éloignement, vis-à-vis du centre et vis-à-vis des voisins. Or, quand on ne travaille que sporadiquement, à des horaires décalés (ménages notamment),le fait de pouvoir compter sur un réseau de voisins et voisines pour s'occuper des enfants est absolument crucial. De même, quand on n'a pas de travail fixe et qu'on est amené(e) à prendre des missions d'intérim dans des lieux divers et souvent très éloignés, le fait de ne pas habiter Paris est un véritable handicap car tous les transports vers la banlieue passent et repartent de là : s'en éloigner ne ferait qu'ajouter de la distance de trajet, donc du coût et du temps.

Enfin, c'est la fameuse serendipity qui a joué en faveur du centre-ville et contre Choisy le Roi : les occasions, les opportunités, les portes qui s'ouvrent de manière inattendue, bref, le heureux hasard, c'est bien au centre-ville qu'il y en a le plus. Et ces personnes vivent essentiellement de ce type d'opportunités, à saisir quand elles se présentent, pour parvenir à boucler la journée ou la semaine. Aller s'exiler en grande banlieue, dans un système spatial fondé au contraire sur la programmation et le contrôle des rencontres et des événements, serait un non sens par rapport à leur logique de fonctionnement.

Finalement, quand on y réfléchit et que l'on compare avec d'autres situations de précarité, comme celle des primo migrants (ceux qui viennent d'arriver), on comprend bien le mécanisme, qui est en fait une pratique assez répandue. Faute d'avoir un autre capital que spatial, ils se concentrent au centre, là où ils peuvent l'exploiter au maximum. C'est seulement quand les premières réussites arrivent, et que le capital spatial est progressivement converti en capital économique et social, que les migrants quittent les zones centrales pour les périphéries. Les lieux centraux dans lesquels ils s'installent en arrivant finissent par fonctionner comme des espaces transitionnels, dont la population se renouvelle régulièrement à mesure que de nouveaux migrants arrivent et que les plus anciens avancent dans leur parcours géobiographique. Seuls les "échecs" ou les figures de proue faisant office de passeurs restent dans ces espaces, faute de pouvoir les quitter ou parce qu'elles y ont trouvé aussi une raison d'être sociale et économique.

Finalement, la misère, c'est mieux au centre...

Take care !

Alice Springs, Australie, 2007

Dans nos sociétés vieillissantes, inquiètes de la grève des ventres qui se répand parmi les femmes occidentales et de la dette faramineuse qui grève les finances publiques, la question du care refait surface, comme un vieux serpent de mer réactivant la dialectique entre individu et Etat. Et si on changeait de perspective ?

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Déclencheur n° 1 : j’ai entendu Martine Aubry nous parler du care comme nouveau projet de société porté par le parti socialiste, suivi d’une kyrielle d’émissions sur le sujet (dont Du Grain à moudre sur France Culture).

Déclencheur n° 2 : ce matin j’ai trouvé porte close devant l’école (publique) de mon fils, qui avait décidé de faire le pont, tout comme le centre aéré (municipal) qui ne voulait pas être en reste.

Déclencheur n° 3 : je suis enceinte de six mois. Et maman d’un petit garçon de 4 ans (et demi, il y tient). Et je travaille (beaucoup). Et j’ai lu Elisabeth Badinter (pas seulement son dernier pamphlet, mais son essai sur l’histoire de l’amour maternel entre les 17e et 20e siècles).

Ni une ni deux, les quelques neurones encore libres de mon cerveau (ceux qui ne sont pas déjà surbookés à commander la fabrication d’un bébé, à faire tourner la maisonnée, à me permettre de faire mon travail de chef de projet, etc.) se sont attaqués vigoureusement à la question. Comme ils trempouillent dans la géographie depuis trop longtemps, ma réaction première a bien sûr été : «le care, le soin des autres, ça se passe où ?»

Et là, ô comble de la surprise, il existe bien une géographie du care, à toutes les échelles, bien présente derrière les considérations socio-fémino-politico-économiques et totalement a-spatiales, que l’on entend sur le sujet.

Une géographie intraurbaine : comment expliquer autrement le changement brusque et circonscrit de la composition démographique de la population de St Germain en Laye (uniquement près des transports en commun et dans les parcs) entre 8h00 et 17h00 ? Toutes ces femmes à la peau noire, que l’on voit apparaître d’un coup ne vivent pas dans la commune, elles en occupent l’espace à des heures précises et pour une fonction spécifique : prendre soin des enfants des familles résidantes, qui, elles, vont travailler ailleurs. Et ce n’est là qu’un exemple parmi d’autres de ces réseaux métropolitains d’échange, qui mêlent temporairement des populations de quartiers autrement parfaitement distants et distincts. Fut un en temps, cela se jouait à l’échelle d’un immeuble (le 6e étage, celui des chambres de bonnes), désormais, c’est à l’échelle de la métropole, ce qui ne facilite pas la vie des personnes concernées d’ailleurs, en rallongeant les temps de trajet et donc de travail-absence. 

Une géographie régionale et nationale : dans un pays où les logiques de concentration spatiale l’emportent largement sur les logiques de dispersion, donc sur le principe d’égalité territoriale républicaine qui a régi la géographie nationale jusqu’ici, le care en vient à se placer dans les interstices. Face aux dynamiques de fusion et relocalisation des principaux centres de service (comme la future géographie hospitalière), les travailleurs du care opèrent une sorte de remplissage capillaire du vide, en apportant du soin à domicile dans les lieux non centraux. On pourrait même se demander si la logique du care, limitée généralement au soin à la personne fragile, ne pourrait pas être élargie à l’échelle sociétale du soin aux individus « qui le valent bien ». Après tout, le fait que d’autres personnes, venues d’ailleurs, prennent en charge les besognes les plus dures et les moins bien payées, pour permettre à une société toute entière de se tourner vers la tertiarisation supérieure et les emplois de bureau, n’est-il pas une manière d’appliquer le soin à un autre niveau ? Le care comme émancipation des femmes vis-à-vis du travail domestique et du soin familial (enfants et vieux) mais aussi comme émancipation de toute une société vis-à-vis des professions indispensables mais peu épanouissantes.

Une géographie transnationale aussi : la chaîne du care ne s’arrête évidemment pas aux frontières de la ville ou du pays. Chaque femme ou homme migrant qui vient prendre le relais du soin dans les pays occidentaux se repose lui aussi sur d’autres pour prendre soin des siens. À cette nuance près que la chaîne est souvent beaucoup plus longue, puisque les « fragiles » restent dans le pays d’origine, souvent à des milliers de kilomètres voire dans la sphère de l’inaccessible pour ceux des migrants qui n’ont pas les papiers en règle pour voyager.

Une géographie migratoire enfin : si le care a été conçu comme une sorte de spécificité féminine, la réalité montre que ce n’est pas un « truc de femmes » mais le truc de certaines filières migratoires. Les Ivoiriennes dans la capitale par exemple, ou les Philippines en Italie, ou encore par les Polonaises en Espagne. Ces femmes occupent un créneau économique, comme d’autres ont occupé celui de a conciergerie ou de l’agriculture, sans qu’il n’y ait rien de très féminin là-dedans. D’ailleurs, les regroupements familiaux ayant fait venir des hommes, certains ont progressivement occupé ces mêmes postes (notamment les Philippins), dans une logique essentiellement économique. Ce qui résout d’ailleurs assez largement le problème du professionnalisme de ces « caristes » non spécialisés et non diplômés. C’est la logique du marché qui les sélectionne et pas celle de l’instinct plus ou moins maternisant : dans un contexte de sélection concurrentielle plutôt sévère, les bons trouvent du travail et les mauvais non. La formation se fait peut-être sur le tas mais la hiérarchie de niveau existe bel et bien. Et on peut d’ailleurs imaginer aisément que les chaînes transnationales du care soient d’immenses écoles de puériculture-senioriculture, où les élèves d’aujourd’hui dans les pays d’origine seront les migrants expérimentés de demain chez nous.

Et alors me direz-vous ? Alors, le care comporte donc une dimension de plus. Et, comme disent les anglo-saxons, parfois « more is different » : cette dimension spatiale supplémentaire change en fait la nature du problème. Il ne s’agit pas seulement de répondre à la question du financement des retraites ou du travail des femmes ou encore de la dette de la sécurité sociale, mais de s’interroger sur le modèle de société auquel fait écho la question du care.

Est-ce qu’on part du principe que l’on va rester dans la dynamique actuelle, confiant le care à des individus, dans la sphère privée, et sur la base de logiques migratoires se développant à long terme ? Avec tout ce que cela comporte de questions et de tensions, tant du point de vue de la gestion de l’altérité portée jusque dans les familles par la présence des migrants, que du point de vue les profondes inégalités sociales entérinées par ce système : entre familles (et entre femmes) ayant les moyens ou pas de financer une externalisation du care et entre sociétés ayant les moyens ou pas de se tourner vers une tertiarisation supérieure. Un tel scénario «au fil de l’eau» tendrait à diminuer encore l’offre publique de soin (pour les plus jeunes comme pour les seniors) au profit des réseaux privés et autogérés, plus ou moins légaux d’ailleurs, vu leur coût exorbitant.

On pourrait y voir certains avantages (au-delà des gains évidents pour les caisses de l’Etat), comme le fait de mettre les enfants dans une situation de diversité culturelle dès leur plus jeune âge et de continuer à reculer l’horizon d’altérité des plus âgés, histoire de vivre dans une société Benetton. Sauf que la relation de service personnel qui régit ce rapport à l’Autre, qui n’est pas un citadin lambda côtoyé dans la rue ou employé de la crèche municipale mais un fournisseur attitré de soins entérinant un ordre social et spatial bien précis, n’est probablement pas le meilleur moyen de produire de la mixité dans nos sociétés contemporaines.

Bien plus qu’on ne le dit, la question du care pose celle du rapport social et spatial à l’Autre : quelle est la place de la médiation publique (par les lieux publics, par les institutions, par la norme partagée, etc.) dans ce rapport à l’altérité sous toutes ses formes ? Doit-on confier au care privatisé le soin de combler les vides laissés par les évolutions territoriales actuelles, favorisant la polarisation en réseaux au détriment de la continuité et homogénéité territoriales qui ont présidé à la gestion de la France jusqu’ici ? L’arbre du care doit-il forcément cacher la forêt de solutions intermédiaires de proximité que la société est à même de produire pour prendre soin des citoyens, tout en ne les enfermant dans une dichotomie stérilisante entre responsabilité individuelle et assistance étatique ?

La fille du 99

Comment changer une plaque peut changer le rapport au territoire.

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"Depuis le 15 avril 2009 la réglementation a changé. Les plaques d'immatriculation sont attribuées au véhicule qui les conservera jusqu'à sa destruction ou son exportation. Le numéro d'immatriculation ne fait plus référence au département de résidence. Cependant, sur le côté droit, figure un département librement choisi par le titulaire surmonté du logo de la région administrative correspondante (modèle adopté en Italie depuis 1994). Cette référence locale fait partie intégrante de la plaque et n'est pas un autocollant ; le titulaire peut à tout moment décider de changer cette référence." Wikipédia.

Mine de rien, ça représente un changement de taille dans la manière dont s'exprime le rapport au territoire : on n'est plus automatiquement identifié à son département de résidence par une autorité nationale "transcendante" mais on choisit le département auquel on veut être rattaché, quel que soit le lieu où l'on habite. Ce qui signifie que l'individu choisit à la place de l'Etat et que la résidence ne détermine plus l'identification territoriale. On peut donc habiter quelque part mais se sentir appartenir ailleurs ou tout simplement déménager souvent et ne plus traîner comme un boulet la plaque de son ancien lieu de résidence (ce qui pour un 75 peut constituer un véritable danger dans certains départements…). Plus encore, on peut en changer quand et comme on veut, si on se découvre par exemple un attachement nouveau pour un département récemment découvert ou pour des besoins plus pragmatiques (se fondre dans le département de résidence).

La plaque minéralogique est devenue une déclaration individuelle (ou familiale, ce qui pourra peut-être entraîner quelques dissensions ménagères) d'attachement territorial et plus seulement une référence administrative permettant d'adresser des PV.

Reste seulement une étape qui n'a pas été franchie, et qui ne le sera probablement jamais vue la tradition française : quid de ceux qui ne se rattachent pas forcément à un département français? Moi j'aurais bien voulu qu'ils prévoient un macaron "99", code de l'étranger dans tous les documents administratifs. Une manière de dire que l'attachement territorial n'est pas forcément à l'échelle d'un département. Mais ça c'est une autre histoire…

La ville c'est mieux pour les enfants

Après plusieurs années alternant vie en centre ville métropolitain (Paris et New York) et vie périurbaine provinciale (bord de mer varois et campagne aixoise), avec et sans enfant, j'ai élaboré une nouvelle théorie sur les bienfaits de la ville pour les enfants de tous âges.

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J'ai cru, comme beaucoup, qu'élever un bébé ou un jeune enfant dans une maison au calme avec jardin serait certainement meilleur pour son développement : plus de verdure, moins de pollution (enfin, si on pense vraiment qu'à 10 km de la ville l'air pollué n'arrive pas), moins de bruit, plus de liberté, etc.

J'en suis revenue progressivement et j'ai réhabilité les avantages à vivre au centre-ville, dans un immeuble. Pour les rapports parent-enfant d'abord, parce qu'on a plus de chance, en tant que femme qui travaille, de voir son enfant quelques heures par jours si on ne doit pas se coltiner des heures de trajet en voiture matin et soir. On est moins fatiguée et stressée en rentrant, ce qui n'est pas négligeable pour avoir la patience d'écouter ses babillages avec l'intérêt passionné qui leur est dû. On a moins de mal pour avoir des services à domicile aussi (ménage, gardes, livraisons), ce qui dégage du temps et de l'énergie pour le reste de la famille. Mais la vie en ville est aussi bonne pour leur éducation, parce qu'elle leur apprend à vivre avec les autres, à la côtoyer, à gérer la promiscuité, la foule, les différences. C'est un apprentissage accéléré et précoce de la confrontation à l'altérité indispensable pour nos futurs citoyens du Monde et je ne suis pas sûre du tout qu'ils puissent le rattraper plus tard… Habiter en ville, contrairement au pavillon isolé, c'est apprendre à faire avec les autres, à tenir compte des autres en permanence (même si on met en place des fonctionnements d'évitement et d'autopréservation), c'est penser qu'on a des voisins, c'est accepter qu'on n'est pas complètement maître des rencontres que l'on fait. Contrairement à la vie pavillonnaire, la vie citadine est faite de rencontres, de hasards, plus ou moins bons. Vivre en ville apprend à nos enfants à faire avec et même à exploiter au mieux ces opportunités.

Dans un monde de mobilité, des réseaux sociaux, d'ouverture tous azimuts, de brutalité et de concurrence exacerbées aussi, la ville devrait devenir un incontournable éducatif.

Ouverture

Ceci est mon premier billet pour mon premier blog.

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Bonjour,

Ceci est mon premier billet pour mon premier blog.

Pour une agrégée normalienne, fonctionnaire de l'Education Nationale, élevée au devoir de réserve, c'est ce qu'on peut appeler une nouvelle aventure.

Pour une immigrée italienne, fille de réfugiés politiques, habituée au profil bas et à l'intégration passe muraille, c'est carrément une révolution culturelle.

Dire "je", parler en mon nom, et le faire savoir à d'autres (enfin, à ceux qui voudront éventuellement me lire), voilà un beau défi.

Je n'ai pas trouvé le titre du blog moi-même, "mobilhome", mais lorsqu'un ami me l'a proposé, je me suis rendue compte qu'il me correspondait tout à fait. C'est tout moi comme on dit! Elevée dans quatre pays d'Afrique Noire différents, le plus souvent dans un combi Wolkswagen, puis entre Paris et Rome, je déménage tous les deux ans depuis que j'ai quitté le domicile familial.

Le virus de la mobilité a contaminé aussi mon cursus de formation (j'ai quitté l'histoire médiévale au profit de la géographie!) et mes travaux universitaires, depuis la maîtrise (sur le lien entre migrations internationales et développement au Maroc) jusqu'à la thèse (sur la manière dont la mobilité change le rapport au Monde des individus).

Bref, la mobilité ça me connaît, personnellement et scientifiquement.

Alors, très naturellement, c'est surtout de mobilités, de gens mobiles et d'habiter réticulaire que je vais vous parler dans ce blog. Ce qui me conduira en fait à vous parler d'un peu tout, puisque l'expérience de la mobilité est quotidienne pour chacun d'entre nous, qu'elle fait écho en société, en politique, qu'elle contribue à créer une culture spécifique et à modeler de nouveau rapports aux autres.

mobilhome